Un virage réglementaire fort vient d’être acté : il est désormais interdit d’exposer un enfant de moins de trois ans à un écran dans tous les lieux d’accueil de la petite enfance. Une mesure qui veut marquer les esprits, bien au-delà des crèches.
Résumé
Depuis le 2 juillet 2025, un arrêté ministériel modifie la charte nationale de l’accueil du jeune enfant : les écrans sont formellement interdits pour les moins de 3 ans dans les lieux d’accueil comme les crèches ou chez les assistantes maternelles. Cette mesure s’inscrit dans une volonté plus large de lutte contre l’exposition précoce aux écrans, soutenue par Emmanuel Macron et la ministre de la Santé Catherine Vautrin.
Ce que dit exactement la nouvelle règle
| Ancienne formulation | Nouvelle formulation |
|---|---|
| « Il n’est pas recommandé de laisser un enfant de moins de trois ans devant un écran » | « Il est interdit d’exposer un enfant de moins de trois ans devant un écran » |
Cette phrase, présente jusqu’ici dans les annexes de la charte nationale, prend désormais une valeur réglementaire. Smartphones, tablettes, ordinateurs, télévisions : aucun écran n’est toléré.
Pourquoi cette mesure maintenant ?
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Les professionnels de la petite enfance affirment depuis longtemps que les écrans n’ont pas leur place dans les structures d’accueil.
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Mais les chiffres sur l’exposition précoce restent alarmants : un enfant de 2 ans passe près d’une heure par jour devant un écran, selon certaines études.
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Un rapport d’experts de la santé, publié fin avril, évoquait même des effets « délétères et durables » sur le développement cognitif des jeunes enfants.
Une mesure plus symbolique que contraignante ?
Beaucoup de crèches n’utilisent déjà pas d’écrans. Ce nouvel arrêté leur donne surtout un levier de plus pour sensibiliser les parents, principaux responsables de l’exposition des enfants à la maison.
« Cela leur donnera une assise encore plus forte pour conseiller les parents », a souligné la ministre Catherine Vautrin.
La ministre parle même d’un « bandeau sanitaire entre les écrans et les enfants », dans le même esprit que l’interdiction de la fessée votée en 2019 : une interdiction avant tout éducative et culturelle.
Et bientôt une interdiction… à la maison ?
Catherine Vautrin ne cache pas sa volonté d’aller plus loin : interdire les écrans pour les moins de 3 ans, y compris dans les foyers. Mais cela nécessiterait une loi spécifique, à l’image de celle sur la fessée. Une piste que le gouvernement pourrait explorer dans les mois à venir.
Qu’en pensent les professionnels ?
| Acteurs | Réaction |
|---|---|
| Assistantes maternelles, crèches | Mesure déjà respectée dans les faits, mais utile pour dialoguer avec les parents |
| Experts de santé | Saluent une décision attendue et nécessaire |
| Public | Divisé : certains réclament une extension de la mesure, d’autres dénoncent une ingérence dans la vie privée |
À suivre : vers une extension à d’autres lieux ?
Certaines voix s’élèvent déjà pour que cette interdiction s’applique :
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Dans les salles d’attente des médecins accueillant des enfants
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Dans les espaces publics comme les ludothèques ou médiathèques
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Et pourquoi pas, jusqu’aux 6 ans de l’enfant
